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A horse called Popcorn, or: the End of an Era

Popcorn was certainly not the type of horse you’d expect to see on a Kentucky Thoroughbred farm.  Fuzzy and spotted, with stringy cowlicked mane and hooves a little too heavy to make any movement graceful, he was like a medieval court jester among the sleek racehorses my dad raised.  But his looks weren’t the only thing that gave him away: on the scale of equine occupations, with racing being the “sport of kings” (in more ways than one), Popcorn came from the bottom.  He was the servant, or “pony-horse” to the kings and princes of the race world: his was the task of accompanying the frisky Thoroughbreds to the gate, of calming their nerves before the start of the race, of accepting their impatient bites patiently and then, after twelve such parades throughout the day, of retiring with them to the cold stone barns with no recognition, save a pat on the neck.

This was where my dad found Popcorn, when, with confidence dashed by a beautiful but evil gray pony, I declared that I didn’t think riding was for me.  A little chatting around the backside uncovered the news that there was “a real babysitter” of a “pony” up for retirement — and for a small price he was ours.

I’m pretty sure my mom was horrified.  After all, she had handpicked the aforementioned beautiful pony — before he was evil, naturally — and I think the dream of her daughter galloping off into the sunset on a valiant steed was promptly crushed under Popcorn’s thunderous and lumbering hooves.  Not that she’s one to be caught up in appearances, but as I said, a blue roan appaloosa wasn’t what we were used to seeing upon rolling up the driveway.  And with a name like Popcorn, no less.

But for me, it was love at first sight.

Down one side of the barn aisle and up the other in a big Western saddle was all the test-ride I needed before Popcorn was mine.  Little did any of us know at the time what an impact such an addition to the family would make on the better part of my childhood, and those of many of the other neighborhood children.

We learned right away that Popcorn was the type of horse that we could depend on.  In the first days, when I was reclaiming my shaken confidence, Popcorn trotted at a gait slow enough for my Dad and Mom to walk beside without breaking a sweat.  It was a trot almost too slow to post to, and sometimes when I pulled myself from the saddle on his up-beats, he would already be walking again by the time I lowered myself back down.  I learned quickly that I could never take for granted his second gear, which resulted in some very sculpted calf muscles for an eleven year old.  Nonetheless, this confidence in his seeming lack of get-up-and-go brought me out of my shell and out of the gated pasture, where I ventured into the world and never looked back.

By my twelfth birthday I was an active Pony Clubber, a bucket-and-4×4 jump designer, a neighborhood trail-blazer, and generally the most horse-crazy girl you could ever meet.  In due time, Popcorn had revealed his third gear, which could never really accurately be defined as a canter per se, (and in his later years was reduced to what we called the “two step hop” — as in, “once you start, you gotta stop”) but could get me from A to B a fair amount quicker than his “jog.”  He had also unveiled a surprisingly dramatic sense of humor that included both the habitual use of bodily gasses to propel himself over any obstacle I pointed him toward and the blatant refusal to lift his 800 lb hoof to let me pick out the stones.  He must have known he was teaching me perseverance.

Popcorn’s real gift lay not in the perseverance he taught but the freedom he allowed: freedom to brush and comb and pull and scrub; to hang on his neck with my knees in the air, to kiss his soft muzzle a thousand times over without more than a sigh to let me know he had had enough; the freedom to make my way as far from the farm as I could go (as long as I could make it back by sundown), to splash across rushing creek-waters, to hear the wind whistling in my ears as we loped over the Kentucky hills.  I was making my way into adolescence alongside a trusted friend — one who had seen a thing or two in his years, and who sensed perhaps better than anyone the delicacy of my emotions and the scope of my desire…

Continued in tomorrow’s post: how Popcorn introduced me to my best friend and my first real job, and how he became Louisville’s equivalent of Justin Bieber (every pre-teen’s current crush).

TRADUCTION A LA MELIE:

Un cheval nommé Popcorn, ou la fin d’une époque

Popcorn n’était surement pas le genre de cheval que l’on peut s’attendre à voir dans un élevage de pur-sang du Kentucky. Crépu et tacheté, une crinière fibreuse comme celle d’une vache, des sabots un tout petit peu trop lourds pour des mouvements gracieux, il était un peu le bouffon du moyen-âge au milieu des chevaux de course au poil luisant que mon père élevait. Mais son look n’était pas la seule chose qui lui donnait un genre : sur l’échelle des tâches équines, la course étant le « sport des rois » (dans tous les sens du terme), Popcorn était tout en bas. C’était le serviteur, le valet de pied des rois et des princes de la course : son rôle était d’accompagner les fringants pur-sangs à la porte, de les calmer avant le départ de la course, d’accepter patiemment leurs morsures d’impatience et, après une douzaine de démonstrations quotidiennes du même genre, de retourner avec eux dans les froides écuries de pierre sans aucune reconnaissance, si ce n’est une petite tape sur l’encolure.

C’est là que mon père a trouvé Popcorn, après que j’ai déclaré, ma confiance mise à mal par un magnifique mais diabolique poney gris, que l’équitation n’était pas pour moi. Deux ou trois discussions aux alentours ont fait savoir qu’il existait un « poney » bon pour la retraite et qui était une vraie « baby-sitter » – pour trois fois rien il était à nous.

Je suis presque sûre que Maman fut horrifiée. Après tout, elle avait sélectionné le magnifique poney susmentionné – avant qu’il ne devienne diabolique, bien entendu – et je pense que le rêve dans lequel elle voyait sa fille galoper sur un vaillant coursier dans le soleil couchant à très vite volé en éclats sous les sabots tempétueux et maladroits de Popcorn. Non pas qu’elle soit du genre  à se fier aux apparences, mais comme je l’ai déjà dit, nous n’avions pas l’habitude de voir un Appaloosa bleu rouan remonter l’allée. Affublé d’un nom comme Popcorn encore moins.

Mais pour moi ç’a été le coup de foudre.

Une descente du couloir de l’écurie et la remontée de l’autre côté sur une grosse selle western ont été le seul tour d’essai dont j’ai eu besoin pour que Popcorn soit à moi. Bien peu d’entre nous savaient à l’époque quel impact cet ajout à la famille allait avoir sur la plus grande partie de mon enfance, et sur celle de beaucoup d’autres enfants du voisinage.

Nous avons tout de suite appris que Popcorn était le genre de cheval sur lequel nous pouvions compter. Les premiers jours, alors que je récupérais ma confiance ébranlée, Popcorn trottait à une allure assez lente pour permettre à Papa et Maman de marcher à nos côtés sans s’essouffler. C’était un trot presque trop lent pour en parler, et parfois lorsque je décollais de la selle pour un trot enlevé, il se remettait déjà au pas avant que je ne me rasseye. J’ai vite appris que je ne pourrai jamais tenir pour acquis cette deuxième allure, qui requiert des muscles affutés de jeune homme pour ce vieillard de onze ans. Néanmoins, cette confiance dans ce soi-disant manque de tonus m’a fait sortir de ma coquille et du pré fermé, et je me suis aventurée dans le monde sans jamais me retourner.

A douze ans j’étais un membre du poney club très actif, un designer de parcours de saut et de cross, une exploratrice des environs et de manière générale la fille la plus mordue de chevaux que vous pouviez rencontrer. En temps et en heure, Popcorn révéla sa troisième allure, qui ne pourra jamais précisément être définie comme un galop en soi (et ce qui dans ses dernières années était réduit à ce que l’on appelait le hop et hop, comme dans « une fois parti, faut t’arrêter ») mais qui pouvait me mener du point A au point B un peu plus vite que son petit trot. Il avait aussi dévoilé un sens de l’humour étonnamment théâtral qui consistait à la fois à l’usage de gaz corporels pour se propulser par-dessus tout obstacle sur lequel je le dirigeai et le refus flagrant de lever ses sabots de 350 kg pour me faire éviter les cailloux. Il devait savoir qu’il m’apprenait la persévérance.

Le vrai don de Popcorn ne résidait pas dans la persévérance qu’il enseignait, mais dans la liberté qu’il offrait : la liberté de le brosser, de le peigner, de lui tirer les crins et de l’étriller, d’accrocher mes genoux à son encolure pendant un saut, d’embrasser son nez tout doux des milliers de fois sans jamais plus qu’un soupir pour me dire qu’il en avait assez ; la liberté de m’éloigner aussi loin de la ferme que je le pouvais (dans la mesure où je pouvais être rentrée avant le coucher du soleil), de courir dans les ruisseaux en éclaboussant, d’entendre le vent siffler dans mes oreilles au milieu des collines du Kentucky. Je traversais l’adolescence aux côtés d’un ami sincère – quelqu’un qui avait déjà connu deux trois choses dans sa vie, et qui ressentait peut-être mieux que personne la délicatesse de mes sentiments et l’étendue de mes désirs…

La suite demain : comment Popcorn m’a présenté ma meilleure amie et m’a offert mon premier vrai travail, et comment il est devenu l’équivalent de Justin Bieber pour Louisville (la coqueluche de tous les pré-ados).

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