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A letter to my brother on a gloomy anniversary

Dear Bru,

I will have you know that I am purposefully posting photos that you would not have liked posted.  That picture of you wearing the pair of glasses we had to beg Dad only to wear in the barn.  The one where you used your foot to block out my face.  Original.  And the dreaded back attack — notice you aren’t making an effort to hold me on, as this was not a voluntary piggy-back.

I like them better than the beautiful photos Kyle took for your senior year in high school. Looking at them reminds me more of who you really were, behind that smooth smile. As time goes on I think we all have a tendency to focus on your best qualities, but I’m still your sister, so today I am just going to say that you could be a real pain in the derriere.

Remember when Mom and Dad went out of town the summer after your Freshman year and you had one of your “get togethers?”  (Everyone knows you avoided calling it a “party” so when Mom and Dad asked you could say, “No, I didn’t have a party.”)  You made me promise not to say anything, assuring me that you would do all the cleaning. Then you and your friends kept me up all night with the porch door slamming every two minutes when one of the girls had to come up from boozing around the bonfire to use the restroom.  Couldn’t you have been friends with some girl scouts who knew how to squat in the woods with the best of them?

I got a good laugh out of it the next morning when I woke you up bright and early to help me with the horses.  You said you couldn’t clean stalls because the smell of ammonia made you too nauseous.  I remember dragging you into the same stall with me and mercilessly instructing you in the subtleties of wet-spot removal at eight in the morning.

You cursed me for peeling you off the couch when you had only just fallen asleep.  I giggled when you missed the wheelbarrow and a whole pile of manure fell to the ground and rolled in all directions.

And I was happy to have spent that moment with you, even if you were mad, and smelled like beer, and hated me for being your nagging older sister.

Remember that Sunday back in high school when Dad invited us to go to the races and neither of us wanted to go?  I used the classic excuse: homework.  You, on the other hand, mentioned nonchalantly that you had to clip your toenails.  I laughed so hard I thought I couldn’t breathe.

Speaking of Sundays, remember those Sundays when Mom was out of town and you grumbled about going to church with me?  I couldn’t let you forget, no matter how late you had come in the night before.  If your door was locked, I popped it open with a bobby pin and yelled, “are you decent?” from the threshold before barging in and making you get out of bed. I never let you let me go alone to mass.

Thank God for Sundays.  So many of my best memories of you took place in the car on the way to and from church, when it was always just the two of us.  I remember listening to OMC’s one hit, “How Bizarre” on the way home from St. Aloysius.  You paused it after the first verse only to say, “It really is so bizarre that a cop would pull you over — scare the shit out of you — only to ask about the model of your car.”  I had never thought about it before.  I don’t know if I had really listened to the lyrics.  But you’re right! That would be so bizarre, and so awesome.

I remember that sometimes we would bicker all the way to church.  Maybe it was because I woke you up, or maybe it was that I wouldn’t get off your back about your social life, which was none of my business.  But even if we went into church mad at each other, we’d get over it by the Our Father, when you would squeeze my hand until it felt like it would break, and I would dig my nails into yours until you let go.  I miss that.  Now when I’m home and Mom’s out of town I go to mass by myself and sometimes I feel like you are sitting beside me, but I never can feel you squeezing my hand at the Our Father.

Sometimes I’m inanely annoyed that you aren’t here.  I miss you, and I feel that you should be here.  And yes, I feel sad, but sometimes more than anything I just feel angry.  Like when you kept me up all night during one of your get togethers.

That’s when I know that even though I’m alone now, I will always be your sister.  Even though you are gone, I am still on your case.  I miss getting on your nerves, you know.  It’s boring not having anyone to annoy or nitpick.

But you already know that.  Because you’ll always be my brother.

I love you, Bryce.

Bryce Curtis Turner: May 27, 1989 - March 16, 2009

TRADUCTION A LA MELIE:

Lettre à mon frère pour un triste anniversaire

Cher Bru,

Je t’informe que je publie délibérément des photos que tu n’aurais pas voulu que je publie. Cette photo de toi avec les lunettes que nous avons supplié Papa de ne porter qu’à l’écurie. Celle où tu utilise ton pied pour masquer mon visage. Original. Et la redoutable attaque arrière – note que tu ne fais aucun effort pour me soutenir, comme tu ne me portais pas volontairement sur ton dos.

Je les préfère aux superbes photos que Kyle a prises pendant ta dernière année de lycée. Les regarder me rappelle plus qui tu étais vraiment, derrière ce doux sourire. Au fil du temps je pense que nous avons tous tendance à nous concentrer sur tes meilleures qualités, mais je suis toujours ta sœur, alors aujourd’hui je vais juste dire que tu pouvais vraiment être un boulet.

Tu te souviens quand Papa et Maman se sont absentés l’été après ta première année et que tu as organisé une de tes « réunions » ? (Tout le monde sait que tu évitais d’appeler ça une « fête » comme ça quand Papa et Maman te posaient la question, tu pouvais répondre « non je n’ai pas fait de fête »). Tu m’as fait promettre de ne rien dire, m’assurant que tu ferais tout le ménage. Puis tes amis et toi m’avez maintenue éveillée toute nuit en faisant claquer la porte extérieure toutes les deux minutes quand l’une des filles devait arrêter de picoler autour du feu pour utiliser les toilettes. N’aurais-tu pas pu être ami avec des éclaireuses qui savaient s’accroupir dans les bois ?

J’ai bien ri le matin suivant en te réveillant de bonne heure et de bonne humeur pour m’aider avec les chevaux. Tu as déclaré que tu ne pouvais pas nettoyer les boxes parce que l’odeur d’ammoniaque te donnait la nausée. Je me souviens t’avoir traîné de force dans ce même box et t’avoir enseigné sans pitié les subtilités du ramassage de paille humide à huit heures du matin.

Tu m’as maudite pour t’avoir extrait de ton lit alors que tu venais tout juste de t’endormir. J’ai gloussé quand tu as loupé la brouette et que tout un tas de fumier est tombé et s’est éparpillé dans toutes les directions.

Et j’étais heureuse d’avoir passé ce moment avec toi, même si tu étais furieux, que tu sentais la bière et que tu me haïssais d’être ton bourreau de grande sœur.

Tu te rappelles ce dimanche à nouveau au lycée quand Papa nous a proposé de nous emmener aux courses de cheval et que ni toi ni moi n’avions envie d’y aller ? J’ai utilisé l’excuse classique : mes devoirs. Toi, d’un autre côté, tu as déclaré avec nonchalance que tu devais te couper les ongles de pieds. J’ai tellement ri que j’ai cru que j’allais m’étouffer.

En parlant des dimanches, tu te rappelles ces dimanches où Maman était absente et où tu râlais pour m’accompagner à l’église ? Je ne pouvais pas te laisser oublier, peu importe l’heure à laquelle tu étais rentré la veille. Si ta porte était fermée, je la crochetais avec une épingle à cheveux et hurlait « tu es habillé ? » depuis le seuil avant de faire irruption dans la chambre et de te tirer hors du lit. Je ne t’ai jamais laissé me laisser aller seule à la messe.

Merci mon Dieu pour les dimanches. La plupart de mes meilleurs souvenirs de toi sont dans la voiture sur la route ou au retour de l’église, quand nous étions juste toi et moi. Je me souviens que nous écoutions le seul hit d’OMC, « How Bizarre » en revenant de Saint Aloysius. Tu mettais sur pause après le premier couplet juste pour dire « C’est vraiment très bizarre qu’un flic t’arrête – te fiche la trouille de ta vie – juste pour te demander le modèle de ta voiture ». Je n’y avais jamais pensé. Je ne sais pas si j’avais vraiment écouté les paroles. Mais tu avais raison ! Ca serait très bizarre, et terrifiant.

Je me souviens que parfois nous nous chamaillions tout le long de la route. C’était peut être parce que je t’avais réveillé, ou peut être parce que je ne te lâchais pas sur ta vie sociale, ce qui n’était pas mes oignons. Mais même si nous entrions à l’église furieux l’un contre l’autre, nous nous réconcilions sur le Notre Père, quand tu serrais ma main si fort que j’avais l’impression que tu allais la briser, et quand je plantais mes ongles dans la tienne jusqu’à ce que tu lâches. Ça me manque. Maintenant quand je suis à la maison et que Maman est absente je vais toute seule à la messe et j’ai parfois l’impression que tu es assis à côté de moi, mais je ne sens jamais ta main serrer la mienne sur le Notre Père.

Parfois je suis bêtement agacée que tu ne sois pas là. Tu me manques, et j’ai l’impression que tu devrais être là. Et oui, je suis triste, mais parfois plus que tout je suis juste en colère. Comme quand tu m’empêchais de dormir pendant tes « réunions ».

C’est à ce moment là que je réalise que même si je suis seule maintenant, je serai toujours ta sœur. Même si tu es parti, je m’occupe toujours de toi. Ça me manque te faire enrager, tu sais. C’est ennuyeux de n’avoir personne à agacer ou à titiller.

Mais tu sais déjà tout ça. Parce que tu seras toujours mon frère.

Je t’aime, Bryce.

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