“Only imbeciles don’t change their minds!” A conversation with winemaker Jean-Michel Drouin

{Domaine des Gerbeaux}

For my upcoming E-Romantic Hotels article, I spoke with southern Burgundy wine producer Jean-Michel Drouin, owner of Domaine des Gerbeaux. Not knowing much about Pouilly-Fuissé — an appellation with varying micro-climates that produce many unique terroirs — I got a real introductory course in the short conversation I had with Monsieur Drouin. I’m including some of my favorite excerpts from our conversation below. Read on to learn Drouin’s perspective on traditional farming versus organic labeling, a winemaker’s love for his vines (“the simple act of taking a few days’ vacation stresses me out!”), and the growing need for [real] truth in advertising.

A little background…

The estate was created in 1896 by my great grandfather, Jacques Charvet, a great lover of the vineyards. (My name is “Drouin” because my grandfather had two daughters; that’s why I don’t go by Charvet.) I know that when my great grandfather’s son in law wanted to buy a horse to work the vines, Charvet wanted to disown him! He didn’t want him to work the vines anymore because he thought a horse would ruin them, although these days we all use tractors anyway, but he worked the soil by hand. He turned up the earth with a wicker basket on his back. He was very close to nature. That was his philosophy.

After my grandfather and my father, I took over the domain. Of course, we have made mistakes, like everyone. We used herbicides twenty years ago; we also added supplementary yeast to our wines during fermentation. But only imbeciles don’t change their minds, so one day I decided to change the production methods back. Now we work our vines using only the natural yeasts from the grapes…and I am passionate about what I do…

We have 13 hectares, and on those 13 hectares we have 60 parcels of vines, the largest of which is 80 ares (just shy of two acres). We produce everything separately…I make different combinations, for example, a Pouilly-Fuissé with a terroir from Solutré (because only the grapes from the old vines of Solutré are used). I also make a Pouilly-Fuissé that’s called L’intimité du Chardonnay (I christened it such). It is a Pouilly that has never seen oak, and is comprised of grapes from two harvests from the same year. (During the first harvest we leave a few grapes and then come back 15 days later, in order to have a higher concentration of juice in this wine.)

True Love

In addition to the natural yeasts, we pay attention to press the grapes gently, so as to extract only the best juice. We harvest by hand, and bottle with minimal filtration. With the help of a lunar calendar I choose the best day to harvest and to bottle. I know each square meter of every one of my vineyards; nothing is secret to me.

The “organic” problem:

Many vintners do not tell the truth. The label “organic” or “biodynamic” is new, but my great grandfather worked his vines naturally. He didn’t talk about organic farming. He wouldn’t even know what the word biodynamic means. It’s a word that was created to separate certain wines from the others, and certain winemakers from their peers. Maybe it was the easy solution to say, “I’m organic, I let nature take its course.” But I think that letting nature take its course to the extreme is not the best way either. We are making all this commotion about organics because it’s the trendy thing to do right now. We like to distinguish ourselves from others.

There are some natural winemakers who work their vines with a horse for the photos that the journalists take when they come to their domains. But after that, they work completely differently. Maybe they even buy grapes, or juice, from other places in order to keep their volume up. Often those who are organic, who let nature take its course, can’t produce enough wine. Financially, they struggle, so they must buy other wine on the side. They then tell stories to the journalists – and everyone – and that is something we should be aware of.

As for me, I am telling you that I am honest. I work my vines as I told you: natural yeasts, hand selection, etc. But I don’t call myself organic. I use the moon, but I never call myself biodynamic. My philosophy: I am for the truth, for the real work of the winemakers. I work a bit like our grandfathers worked, but, honestly, I use modern tools – we are no longer in the age of slave labor! – I use little tractors, but I pay attention not to harm the vines.

I am not biodynamic, but I am above all not a liar. I don’t even like the word biodynamic. I like the phrase “purity of work.” I like the word “real.”

Photo Credits: Bourgeois Family Selections

Marie-Amelie’s translation:

‘’Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis !’’ – Conversation avec le vigneron Jean-Michel Drouin

Pour mon prochain article sur E-Romantic Hotels, j’ai discuté avec un producteur du sud de la Bourgogne, Jean-Michel Drouin, propriétaire du Domaine des Gerbeaux. Ne connaissant que très peu de choses sur le Pouilly-Fuissé – une appellation comprenant divers microclimats produisant autant de terroirs uniques – j’ai eu droit à un vrai cours d’initiation durant ma courte discussion avec Monsieur Drouin. Voici quelques uns de mes extraits préférés de notre conversation. Lisez pour connaître le point de vue des Drouin sur l’agriculture traditionnelle face au label bio, l’amour d’un vigneron pour ses vignes (‘’le seul fait de prendre quelques jours de vacances me stresse !’’), et le besoin grandissant de [vraie] vérité dans la publicité.

Un peu d’histoire …

Le domaine a été créé en 1896 par mon arrière-grand-père, Jacques Charvet, grand amoureux des vignes. (Mon nom est Drouin parce que mon grand-père a eu deux filles, et donc je ne perpétue pas le nom Charvet). Je sais que lorsque le gendre de mon arrière-grand-père a voulu acheter un cheval pour travailler les vignes, Charvet a voulu le deshériter ! il ne voulait plus qu’il travaille les vignes parce qu’il pensait qu’un cheval allait les endommager, même si de toute façon de nos jours nous utilisons tous des tracteurs, mais lui travaillait le sol à la main. Il retournait la terre avec un panier en osier sur le dos. Il était très proche de la nature. C’était sa philosophie.

J’ai repris le domaine à la suite de mon père et mon grand-père. Bien sûr, nous avons fait des erreurs, comme tout le monde. Nous avons utilisé des désherbants il y a 20 ans, nous avons aussi ajouté des levures à nos vins pendant la fermentation. Mais il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, donc un jour, j’ai décidé de revenir aux anciennes méthodes de production. Maintenant nous travaillons nos vins en utilisant seulement les ferments naturels du raisin…et je suis passionné par ce que je fais…

Nous possèdons 13 hectares, et sur ces 13 hectares, nous avons 60 parcelles de vignes, la plus grande faisant 18 ares (on est loin des deux hectares). Nous exploitons tout séparément … je fais des combinaisons différentes, par exemple, un Pouilly-Fuissé avec le terroir de Solutré (parce que nous utilisons seulement le raisin des vieilles vignes de Solutré). Je fais aussi un Pouilly-Fuissé appelé L’intimité du Chardonnay (c’est moi qui l’ai baptisé ainsi). C’est un Pouilly n’ayant jamais été en contact avec du chêne, et composé de raisins de deux récoltes de la même année. (Pendant la première récolte, nous laissons quelques grappes et revenons 15 jours après, pour avoir une plus grande concentration de jus dans ce vin.)

Un Amour Vrai

En plus des ferments naturels, nous faisons très attention à presser le raisin doucement, afin d’obtenir seulement le meilleur jus. Nous vendangeons à la main, et mettons en bouteilles avec un minimum de filtration. Je choisis les meilleurs jours pour les vendanges et la mise en bouteille à l’aide du calendrier lunaire. Je connais chaque mètre carré de chacune de mes vignes ; elles n’ont aucun secret pour moi.

La question ‘’bio’’ :

De nombreux viticulteurs ne disent pas la vérité. Le label ‘’bio’’ ou ‘’biodynamique’’ est nouveau, mais mon arrière-grand-père travaillait ses vignes naturellement. Il ne parlait pas d’agriculture biologique. Il ne connaissait même pas le sens du mot biodynamique. C’est un mot qui a été créé pour séparer certains vins d’autres, et certains vignerons de leurs pairs. C’était peu être la solution de facilité pour dire ‘’je suis bio, je laisse la nature faire son travail’’. Mais je pense que laisser faire la nature à l’extrême n’est pas non plus la bonne méthode. Nous faisons tout ce tumulte autour du bio parce que c’est la tendance en ce moment. Nous aimons nous distinguer des autres.

Certains vignerons naturels travaillent leurs vignes avec des chevaux pour les photos que les journalistes viennent prendre dans leurs domaines. Mais après cela, ils travaillent complètement différemment. Peut être même qu’ils achètent du raisin, ou du jus, à d’autres afin de maintenir leur volume. Souvent, ceux qui sont bio, qui laissent la nature faire son travail, ne peuvent pas produire suffisamment de vin. Financièrement, ils luttent, ils doivent donc acheter d’autres vins à côté. Ensuite ils racontent des histoires aux journalistes – et à tout le monde – et nous devons avoir conscience de cela.

En ce qui me concerne, je vous dis que je suis honnête. Je travaille mes vignes comme je vous l’ai dit : ferments naturels, sélection manuelle, etc. Mais je ne me considère pas bio. J’utilise la lune, mais je ne m’appelle jamais biodynamique. Ma philosophie : je suis pour la vérité, pour le vrai travail des vignerons. Je travaille un peu comme le faisaient nos grands-parents, mais honnêtement, j’utilise des outils modernes – nous ne sommes plus à l’époque de l’esclavage ! – j’utilise des petits tracteurs, mais je fais attention à ne pas endommager les vignes.

Je ne suis pas biodynamique, mais surtout, je ne suis pas un menteur. Je n’aime pas vraiment le mot biodynamique. J’aime la phrase ‘’pureté du travail’’. J’aime le mot ‘’vrai’’.

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1 Comment

Filed under Cool Characters, Culture, Wine

One response to ““Only imbeciles don’t change their minds!” A conversation with winemaker Jean-Michel Drouin

  1. I wouldn’t expect anything less from a frank Frenchman. 🙂

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