Speedbumps and cigarettes: portrait of a generous soul

Every Friday morning she gets her hair done.  When she leaves the house, she pats the spot on the back of her head with a calloused hand. Her flattened hair will come back fluffy and voluminous: ready for whatever life throws her way this weekend.  When she returns, she drives her Peugeot minivan onto the sidewalk in front of her house, easing over the curb as if it were a simple speedbump.  She parks her car there on the sidewalk, two steps from her front door and only a few paces from the local gendarmerie.  She takes her chances.

There are always mouths to feed.  She has a rotating collection of keys and people come and go as they please.  Today she prepares a meal for five.  Cigarette teetering on the edges of her lips, she stirs her béchamel, listening with one ear to talk radio and the other to her sister, whose voice, repeating the ins-and-outs of her day, resonates from the countertop speaker phone.

She is tired.  Leaning against the laminate counter, she closes her eyes and closes her lips tightly around the cigarette, inhaling.  She is going over her list of things to do.  It’s a list she has memorized, and she rarely forgets.  She knows her brown-haired, brown-eyed granddaughters’ horseback riding, ballet, and violin schedules better than they do.  Sometimes she calls to remind them, and she is never, ever late.  Maybe she has to run a red light or cut someone off, but she gets those girls to their extracurriculars without fail.

And then she returns to her houseful of rotating keys.

I like to watch the evening news with her when I am there, sitting next to her in silence.  She asks rhetorical questions like, can you believe that? or did you hear what she just said? “C’est fou, ça!” she exclaims.  Crazy.  Crazy that prices at the supermarket are on the rise, crazy that the euro is under attack, crazy that the world is in economic stalemate.  The cat digs his claws into her knees when she gets worked up, but she doesn’t push him off.  She apologizes and quiets down momentarily.  She lights another cigarette.

When I call her I hear the familiar sounds of her routine in the background.  The radio. The oven. The door slamming. Tires screeching.  She knows how to multitask.  “How are you, ma grande?” she chirps, her raspy voice upbeat.  “Qu’est ce que tu peux me raconter de beau?”

What good things do I have to tell her? I smile.  Despite the million tasks she must accomplish in one day, my news — always “good” — is of abiding interest to her.

“Oh, nothing too exciting,” I respond.  “I have an interview next week…is it okay if I stay?”

“Do you have your key?” she asks in response.

I imagine the little silver key, attached to a string of faded blue plastic beads, in the outside pocket of my purse.

“Yes.”

“Well then, the door is open! Let yourself in and tell me if you’re staying for dinner.”

When I hang up the phone, I can’t help but giggle.  C’est fou, ça, I say to myself.

For Marie-Amelie’s translation into French…

TRADUCTION A LA MELIE:

Ralentisseurs et cigarettes : portrait d’une âme généreuse.

Elle se fait un brushing tous les vendredis matins. Quand elle sort de chez elle, elle caresse l’arrière de sa tête d’une main calleuse. Ses cheveux aplatis vont redevenir flous et volumineux : prêts à affronter tout ce que la vie lui proposera ce week-end. Au retour, elle gare son monospace Peugeot sur le trottoir en face de sa maison, escaladant la bordure comme s’il s’agissait d’un simple ralentisseur. Elle se gare là, sur le trottoir, à deux pas de la porte de sa maison et de la gendarmerie du quartier. Elle prend le risque.

Il y a toujours des bouches à nourrir. Elle a une collection de clés qui tourne et les gens vont et viennent à leur guise. Aujourd’hui elle prépare un repas pour cinq. Une cigarette vacillant au bout des lèvres, elle mélange sa béchamel, écoutant d’une oreille la radio et de l’autre sa sœur, dont la voix sort du haut-parleur sur le comptoir, lui rapportant les hauts et les bas de sa journée

Elle est fatiguée. S’appuyant sur le plan de travail en stratifié, elle ferme les yeux et referme les lèvres autour de la cigarette, inspirant. Elle parcourt sa liste de choses à faire. C’est une liste qu’elle a mémorisée, et qu’elle oublie rarement. Elle connaît les horaires des leçons d’équitation, de danse et de violon de ses petites filles aux yeux et aux cheveux bruns mieux qu’elles ne les connaissent elles-mêmes. Parfois elle leur téléphone pour leur rappeler, et elle n’est jamais, jamais en retard. Peut être qu’elle grillera un feu rouge ou interrompra quelqu’un, mais elle conduira ces filles à leurs activités extrascolaires sans faute.

Puis elle reviendra dans sa maison pleine de clés tournantes.

J’aime regarder les informations du soir avec elle quand je suis là-bas, assise près d’elle en silence. Elle pose des questions de pure rhétorique comme « tu peux croire ça ? » ou « tu as entendu ce qu’il a dit » « C’est fou ça ! » s’exclame-t-elle. Fou. Fou que les prix dans les supermarchés soient en hausse, fou qu’on attaque l’euro, fou que le monde soit dans une impasse économique. Le chat plante ses griffes dans ses genoux lorsqu’elle s’énerve, mais elle ne le repousse pas. Elle s’excuse et se calme un moment. Elle allume une autre cigarette.

Quand je l’appelle j’entends le son familier de son quotidien derrière elle. La radio. Le four. La porte qui claque. Les pneus qui crissent. Elle sait faire plusieurs choses à la fois. “Comment vas-tu ma grande ?” chante-t-elle, de sa voix rauque et gaie. « Qu’est ce que tu peux me raconter de beau ? »

Quelles bonnes nouvelles ai-je à lui rapporter ? je souris. Malgré le million de tâches quotidiennes qu’elle doit accomplir, mes nouvelles – toujours « bonnes » – sont toujours intéressantes à ses yeux.

“Oh, rien de bien excitant. » je réponds. « J’ai un entretien la semaine prochaine … je peux venir ? »

« Tu as ta clé ? » demande-t-elle en guise de réponse.

Je pense à la petite clé argentée, attachée à un vieux collier de perles en plastique bleues, dans la poche extérieure de mon sac.

« Oui. »

« Et bien la porte est ouverte ! Viens et dis moi si tu restes dîner. »

Quand je raccroche le téléphone, je ne peux m’empêcher de glousser. C’est fou ça, me dis-je à moi-même.

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2 Comments

Filed under Cool Characters, Dijon, Gratitude, Unconventional Wisdom

2 responses to “Speedbumps and cigarettes: portrait of a generous soul

  1. JOB INTERVIEW!!! OMG!!! 😀

    Bonne chance, ma chère!

  2. Moma Sandy

    So glad to know that you have an open door and a hot meal in France like Smileyworld !!! Your sweet pony Sugar has a 13 year old girl living in the neighborhood named Jacqui who is interested in riding her… do you think she is up for it? Thanks for the nice note.

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