The magic of the moment that has passed

A mother sits on the top step of a wooden staircase, looking out a bright window at her child — a little boy — slumped, chubby arms crossed, on a cold stone bench. The late afternoon sunlight falls just beside him, but this mother knows her son has chosen his place in the shade, a place that manifests the tumult in his little heart, even as he shivers against the cold.

She sighs. Her shoulders plunge in solidarity with the boy’s, but also because she is exhausted, discouraged. A hand reaches up to brush the hair from her eyes, then, as if her face has been held up by that inconsequential strand, the weight of her head falls into the palm of her hand, her eyes never straying from the little boy on the other side of the pane.

Proud of his determination, she admires the resolute furrow of his brow, a stormy witness to a soul already brimming with emotion and individuality and desire. Saddened by his caprice, she mourns the waste of a perfect late winter afternoon, a moment lost, the sunlight darkened by her boy’s discontent. Through the window she considers the straw-colored highlights of his soft hair, the rose-petal silkiness of his round cheeks. She longs to rise from her perch, fly down the stairs, throw open the door and scoop her baby in her arms, kissing his face, his hair, his cold hands.

But she waits.

The sun hides behind a tree, reminding both mother and child that night will not delay. Its rays reach through the branches like fingertips on a precipice: stretching, grasping, slipping away.

Out the window, the boy’s arms slowly unlace and re-wrap themselves in an embrace against the cold.  The mother straightens as she watches him surrender. He rises from the bench and pads slowly across the gravel drive to the kitchen door. Still, she does not move.  A small hand on the door, a slow turn of the knob; he is inside.  From the bottom of the stairs he looks up at his mother, who mirrors his gaze: are his eyes not her own?

Without a word he climbs the steps, slowly, deliberately, then — arriving at the top — he sinks effortlessly into the woman’s arms.

“I’m sorry, Mama,” he need not say.

He is already forgiven, she relieved.  In the silence of her cradle lies a lesson that a thousand words could not rival. Unconditional love. Perfect empathy. I love you so much it hurts. Ultimate sacrifice: I would do anything for you.

The telephone rings. Her boy jumps from her lap. The spell is broken.

And I, sitting unassumingly with my book by the fire, will realize only later the magic of the moment that has passed.

**Photo credit: “Mother and Child 1880” by Mary Cassatt

TRADUCTION A LA MELIE:

La magie d’un moment qui passe.

Une mère est assise sur la plus haute marche d’un escalier en bois, regardant par la fenêtre lumineuse son enfant, un petit garçon, affalé, ses bras potelés croisés, sur un banc en pierre froide. Le soleil de la fin d’après midi descend derrière lui, mais cette mère sait que son fils a choisi cet endroit dans l’ombre, un endroit qui manifeste le tumulte dans son petit cœur, même s’il frissonne dans le froid.

Elle soupire. Ses épaules se voutent par solidarité avec celles de son fils, mais aussi parce qu’elle est épuisée, découragée. Une main s’élève pour écarter une mèche de ses yeux, puis, comme si son visage était attiré par ce refuge sans conséquence, le poids de sa tête tombe dans le creux de sa main, sans quitter des yeux le petit garçon de l’autre côté de la vitre.

Fière de sa détermination, elle admire le pli résolu de son front, témoin orageux d’une âme débordant déjà d’émotions, d’individualité et de désirs. Chagrinée par son caprice, elle déplore le gâchis de ce parfait après midi de fin d’hiver, un moment perdu, le soleil assombri par le mécontentement de son fils. Par la fenêtre, elle considère les reflets blonds de sa chevelure douce, ses joues rondes soyeuses comme des pétales de rose. Elle meurt d’envie de descendre de son perchoir, de dévaler les escaliers, d’ouvrir grand la porte et de blottir son bébé dans ses bras, d’embrasser son visage, ses cheveux, ses mains froides.

Mais elle attend.

Le soleil se cache derrière un arbre, rappelant à la mère et à l’enfant que la nuit ne va pas tarder. Ses rayons passent à travers les branches comme des doigts au bord d’un précipice : s’étirant, s’agrippant, glissant.

Par la fenêtre, les bras du garçon se croisent et se décroisent lentement dans une étreinte contre le froid. La mère se redresse en le voyant capituler. Il se relève du banc et marche lentement sur le gravier vers la porte de la cuisine. Elle ne bouge toujours pas. Une petite main sur la porte, un petit tour de poignee, il est à l’intérieur. Il regarde sa mère depuis le bas de l’escalier et voit le reflet de son regard : ses yeux ne sont-ils pas les siens ?

Sans un mot il grimpe l’escalier, lentement, délibérément, puis, arrivé au sommet, il tombe sans se forcer dans les bras de la femme.

Il n’a pas besoin de dire « pardon, Maman ».

Il est déjà pardonné, elle est soulagée. Dans le silence de son étreinte réside une leçon qu’un milliers de mots ne pourraient concurrencer. L’amour inconditionnel. Empathie parfaite. Je t’aime tellement que ça fait mal. Sacrifice ultime : je ferai n’importe quoi pour toi.

Le téléphone sonne. Le garçon saute de ses genoux. Le charme est rompu.

Et moi, assise sans m’en mêler, au coin du feu avec mon livre, je réaliserai seulement plus tard la magie de ce moment passé.

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10 Comments

Filed under Gratitude, Inspiration

10 responses to “The magic of the moment that has passed

  1. There is such poetry in your words. You truly captured how ephemeral the moment was. 🙂

  2. J. Forsberg Meyer

    Incandescent, Emily. My hat’s off to you.

  3. maryanita

    Do i need to tell you there are tears running down my face? I am momentarily transported to the chair in which you sit. To see with the heart… That is what is important in life. You see with your heart. I love you….

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